
1. Héritage architectural et fonction symbolique
Inaugurée en 1755, la place Stanislas fut conçue par l’architecte Emmanuel Héré à la demande de Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne et beau-père de Louis XV. Elle symbolisait l’union entre la Lorraine et la France, et demeurait, au début du XXe siècle, un haut lieu de prestige local et national.
L’architecture n’avait guère changé à cette époque : les bâtiments classiques et les célèbres grilles dorées à la feuille de Jean Lamour étaient toujours en place, conférant à la place son aspect harmonieux et majestueux. Toutefois, on observe un certain relâchement dans l’entretien général à la Belle Époque : la patine du temps se faisait sentir.
2. Usage et vie quotidienne vers 1900
La place Stanislas était, au tournant du siècle, un centre névralgique de la vie urbaine nancéienne :
- Fonctions administratives et culturelles : Le palais de l’Hôtel de Ville (ancien hôtel de ville de Nancy), la bibliothèque municipale et le musée des Beaux-Arts occupaient toujours les bâtiments principaux.
- Lieux de flânerie : Elle demeurait un lieu de promenade apprécié par les bourgeois, les étudiants et les visiteurs.
- Animations publiques : La place accueillait régulièrement des événements civiques, des parades militaires, et parfois des fêtes populaires ou des marchés.
3. Le monument à Stanislas Leszczynski
Un élément marquant du début du XXe siècle est la statue de Stanislas :
- La statue originale, inaugurée en 1831, fut démontée à la Révolution française puis remplacée. À l’époque de 1900, on pouvait encore voir la statue actuelle de Stanislas érigée en 1851, bras tendu vers la ville.
- Cette statue symbolisait toujours le rôle civilisateur et pacificateur de Stanislas en Lorraine.
4. Contexte urbain et influence de l’Art nouveau
Le début du XXe siècle à Nancy coïncide avec l’apogée du mouvement Art nouveau, incarné par l’École de Nancy (avec Émile Gallé, Louis Majorelle, et d’autres). Bien que la place Stanislas soit de style classique, son environnement immédiat était influencé par cette modernité artistique :
- Les cafés et commerces alentour pouvaient arborer des décors de style Art nouveau.
- Le contraste entre le classicisme de la place et l’effervescence artistique contemporaine renforçait son caractère monumental et intemporel.
5. État de conservation à l’époque
Contrairement à son état actuel (restaurée en 2005), la place Stanislas, au début du XXe siècle, montrait certains signes d’usure. Des témoignages et des cartes postales anciennes la montrent parfois un peu plus sobre, moins brillante qu’aujourd’hui, avec un revêtement de sol moins raffiné.

1. Une place héritée de l’époque ducale
La place de la Carrière remonte à l’époque des ducs de Lorraine, bien avant la place Stanislas. Initialement, c’était un terrain d’entraînement pour les tournois et les carrousels – d’où son nom. Elle fut réaménagée dans sa forme actuelle au milieu du XVIIIe siècle, sous le règne de Stanislas Leszczynski, dans le cadre du grand projet d’urbanisme reliant la ville vieille à la ville neuve.
Au début du XXe siècle, cette place conserve l’empreinte forte de l’urbanisme classique :
- Perspectives rectilignes ;
- Alignement régulier des façades à arcades sur les côtés est et ouest ;
- Portiques classiques, en pierre blonde de Jaumont.
2. Un espace solennel, à usage institutionnel
Contrairement à la place Stanislas, plus animée et publique, la place de la Carrière a toujours eu une fonction plus institutionnelle, voire aristocratique. Vers 1900 :
- Elle était bordée par des hôtels particuliers, dont plusieurs hébergeaient des administrations, des professions libérales ou des sociétés savantes.
- À l’extrémité nord, le palais du Gouvernement, ancien palais du commandant militaire sous Stanislas, était toujours un édifice de prestige, même si son usage avait pu varier selon les périodes.
La place était donc relativement calme, empreinte de solennité, et ne connaissait pas l’animation commerciale de sa voisine la place Stanislas.